Adaptation
Parce que ses interprètes sont convaincus que la suppression des textes du Remède de Fortune de Guillaume de Machaut équivaut à une véritable mutilation, Faenza propose une mise en espace de cette œuvre, qui respecte l'alternance du parlé et du chanté. Si le long dit, pour son passage à la scène, subit nécessairement quelques adaptations, son esprit et son étoffe n'en sont pas moins respectés. Un conteur, s'exprimant en français moderne, tisse pour le public le fil du récit, tandis que chanteurs et comédiens font alterner chansons, dialogues et poésie narrative dans la langue originale de Machaut. Ce parti-pris a le mérite de redonner à l'auteur la place centrale qu'il occupe dans son dit : l'écrivain-musicien se place en effet au cœur de l'intrigue, ce qui confère à l'œuvre une dimension autobiographique pour le moins attachante. Il permet aussi de faire résonner les diverses voix qui ponctuent Le Remède en conservant la facture si originale de l'œuvre. Quelques pièces instrumentales et un extrait de la Messe de Notre Dame viennent compléter le programme musical.