Présentation
envoyée d'en haut pour la louange du Créateur,
revienne a la parfin et soit appliquée
aux usages qui lui sont propres et naturels."
Les Rossignols spirituels

Étudier aujourd'hui les musiques de dévotion du XVIIe siècle nous entraîne nécessairement dans la sphère privée, en ce point où culminent les fractures qui caractérisent cette époque troublée : l'individu. Traversé par des courants contraires qu'il ne comprend pas toujours, en proie à des question-nements radicaux en matière de croyance et d'éthique, «l'homme baroque» est confronté à des choix qui sont aujourd'hui encore les nôtres. Innovation ou tradition ? Science ou religion ? Groupe ou individu ? Les binômes antagonistes peuvent ainsi se multiplier à l'infini.
Oraison en musique, la parodie spirituelle incarne parfaitement ces tiraillements: le chant, source d'élévation autant que de volupté, peut faire basculer l'âme du pécheur - fragile funambule - du côté de son salut comme du côté de sa damnation. Les jésuites, directeurs de conscience de nombreux dévots de l'aristocratie, surent utiliser sans état d'âme ce que les arts dispensaient de meilleur en matière de plaisir sensuel, pour en faire des instruments de salut.
Textes de Lazare de Selve, Jean Auvray, Jean de La Ceppède.